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Dimanche 11 mai 2008

Article paru dans le trim. n°59 août 2004

Sommaire du n°59 - Sélection d'articles du n°59 (pdf 1494 Ko)

Cancer du cerveau : pourquoi les chimiothérapies ne sont pas toujours efficaces
Céline Giustranti

Photo(s) © S. Gerber/Institut Curie

Photo de l'article : Cancer du cerveau : pourquoi les chimiothérapies ne sont pas toujours efficaces La nature des mutations génétiques responsables du développement d'un gliome, cancer représentant environ 60% des cas de tumeurs cérébrales, influe sur l'efficacité des chimiothérapies. Telle est la dernière découverte faite à l'Institut Curie par l'équipe CNRS de Marie-France Poupon, en collaboration avec des médecins de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris et de l'université de Vandœuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle). Si l'ablation chirurgicale est le traitement standard des tumeurs du cerveau, elle est généralement suivie d'une radiothérapie et parfois d'une chimiothérapie. Or, certains gliomes « répondent moins bien » à la chimiothérapie et ce, pour des raisons jusqu'alors méconnues. C'est en étudiant des tumeurs humaines greffées à des souris, que les chercheurs de l'Institut Curie ont établi ce lien. Ce travail s'inscrit dans le développement d'approches thérapeutiques personnalisées. Selon la « carte génétique » de la tumeur d'un patient, un plan de traitement adapté à chacun et en conséquence plus efficace pourrait être mis en œuvre.

Cancer research. 1er juillet 2004.
Définition

Les tumeurs cérébrales regroupent une grande variété de maladies.

Il faut d'abord distinguer les métastases des tumeurs primitives. Les métastases proviennent d'un autre cancer, qui n'est pas situé dans le cerveau. C'est, par exemple, un cancer du poumon qui va envoyer des cellules cancéreuses qui vont former une métastase au cerveau.

Au contraire, les tumeurs primitives ou primaires se développent bien au niveau de la tête. Là encore, il faut différencier celles qui se développent entre la boîte crânienne et le cerveau, et les tumeurs du cerveau proprement dites. Les premières sont opérées pour éviter qu'elles ne compriment le cerveau.

Les tumeurs cérébrales proprement dites sont à l'intérieur de la boîte crânienne, au niveau du cerveau.

Explication

Il y a plusieurs types de cellules : les neurones, les cellules nerveuses proprement dites et une grande variété de cellules qui servent de soutien aux neurones. Parmi elles, il y a les cellules gliales. Elles peuvent se transformer en tumeur. Ce sont les gliomes. Ils surviennent souvent chez les adultes jeunes, entre 35 et 45 ans.

Ces tumeurs naissent dans les couches profondes du cerveau. Elles vont s'étendre plus ou moins rapidement et infiltrer le cerveau sain. C'est comme une toile d'araignée qui lancerait ses fils à travers les différentes structures du cerveau.

Au départ, elles ne sont pas cancéreuses mais prolifèrent jusqu'à atteindre des tailles impressionnantes, parfois celle d'un pamplemousse.

Aucun signe neurologique ne peut avertir la personne. Seules de minuscules anomalies sont détectées par des tests très précis, longs et difficiles à mettre en place.

Une crise d'épilepsie révèle souvent le gliome de bas grade. Le principal problème est qu'avec le temps, cette tumeur de bas grade devient cancéreuse et les mécanismes de transformation de la tumeur sont encore mal connus.

Au final, le gliome comprime le cerveau et déclenche des troubles neurologiques importants. Une fois que le gliome est cancéreux, les bénéfices de la chirurgie sont moindres.

L'opération

On est longtemps resté démuni devant les gliomes car on ne savait pas qu'ils évoluaient, on n'osait pas opérer le cerveau d'une personne qui ne présentait pas de signe anormal et surtout, on estimait que l'opération était très à risque. Du coup, on attendait, et le gliome devenait malin, très gros, infiltrant tout le cerveau, inopérable.

Aujourd'hui, des chirurgiens opèrent le gliome bénin, dit de bas grade. Le but est de retarder les conséquences de la tumeur sur le cerveau. Cette intervention se fait sur un patient éveillé, pour repérer les zones du cerveau qui servent. Le chirurgien évalue ainsi les lieux où il peut intervenir.

Cette opération retarde les effets de la tumeur qui infiltre le cerveau, mais il est trop tôt pour savoir si le patient peut guérir, car elle n'est pratiquée que depuis une dizaine d'années. En laissant le malade éveillé, le risque de séquelles est devenu inférieur à 5 %, au lieu de 20 %.

On peut réopérer plus tard, si la tumeur grossit à nouveau. Mais dans tous les cas, il faut le faire avant qu'il y ait des conséquences visibles sur le fonctionnement du cerveau, car cette opération ne permet pas de retrouver les facultés perdues.

Cet acte chirurgical est un grand atout pour les patients : il a pour but de préserver leur qualité de vie, tout en leur apportant une note d'espoir dans cette épreuve si dure à traverser.

L'opération du gliome fait aussi avancer les connaissances sur le cerveau et son fonctionnement. Les découvertes sur la plasticité du cerveau, cette capacité à remplacer les zones déficientes, sont plutôt prometteuses.

source: france 5
par lucieoceane84 publié dans : mes coups de coeur communauté : speciale broderies
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